Vendre un bien immobilier en Israël depuis la France : certificats, retenue à la source et transfert des fonds

Posted by on sept. 3, 2026 in Blog, Fiscalité immobilière, Fiscalité Israel-France, immobilier en Israel

Vendre un bien immobilier en Israël depuis la France : certificats et retenue à la source

Vendre un appartement en Israël sans y résider est parfaitement possible — mais c’est une opération à trois étages : contractuel, fiscal et bancaire. Beaucoup de vendeurs francophones découvrent trop tard que le prix négocié n’est pas le montant qui arrivera sur leur compte, ni à la date qu’ils imaginaient. Voici la mécanique réelle.

I. Vendre à distance : la procuration, première brique

Vous n’êtes pas obligé d’être présent en Israël. Encore faut-il que votre représentant dispose d’un pouvoir irréprochable.

Deux voies existent :

  • une procuration notariée (Yipouy Koach Notarioni (ייפוי כוח נוטריוני)) signée devant un notaire en France, puis revêtue de l’apostille et traduite ;
  • une procuration signée directement au consulat d’Israël.

Deux points de vigilance : la procuration doit énumérer précisément les actes autorisés (signer le contrat, encaisser, déclarer, radier l’hypothèque, enregistrer au Tabu) — une procuration trop générale est régulièrement rejetée — et sa préparation prend une à deux semaines. Elle se lance avant la négociation, pas après.

II. Les déclarations : un délai court et impératif

La vente doit être déclarée à l’administration fiscale israélienne (Rashout HaMissim (רשות המסים)) dans les 30 jours suivant la signature du contrat. Ce délai court même si le prix n’a pas encore été payé.

Le vendeur non-résident doit en outre anticiper deux difficultés :

  • L’exonération de résidence principale n’est pas acquise. Le régime de faveur applicable à la « dira yechida » (דירה יחידה) suppose des conditions strictes, et le fait de détenir un logement à l’étranger peut être opposé au vendeur. Une déclaration d’exonération mal fondée expose à un redressement.
  • Le calcul du Mas Shevah (מס שבח) (taxe sur la plus-value) impose de reconstituer le prix d’acquisition historique et les dépenses déductibles : frais de notaire, honoraires, commission d’agence, travaux justifiés. Sans justificatifs, ces sommes sont perdues.

III. La retenue à la source : le point le plus mal anticipé

C’est ici que la surprise est la plus fréquente. Lorsque le vendeur est non-résident, l’acquéreur — en pratique son avocat — est tenu de retenir une fraction du prix et de la reverser directement au fisc, à titre de garantie de la taxe sur la plus-value.

Le seul moyen d’y échapper est d’obtenir en amont un certificat de dispense de retenue (Ishur Nikuy BaMakor (אישור ניכוי במקור)) auprès de l’administration.

  • Avec le certificat : le prix vous est versé intégralement.
  • Sans le certificat : une part importante du prix reste bloquée, parfois plusieurs mois, jusqu’à la liquidation définitive de l’impôt et le remboursement de l’excédent.

Pour un vendeur qui compte sur ces fonds pour financer un autre projet, l’écart de trésorerie est considérable.

IV. Débloquer le Tabu, puis transférer les fonds

Le transfert de propriété ne sera enregistré au Tabu (טאבו) qu’une fois réunis :

  • le certificat de la mairie (Ishur Iriya (אישור עירייה)), attestant du paiement de la taxe foncière (Arnona (ארנונה)) et, le cas échéant, de la taxe d’amélioration (Heitel Hashbaha (היטל השבחה)) ;
  • les certificats fiscaux relatifs au Mas Shevah et au Mas Rechisha (מס רכישה) ;
  • la mainlevée de toute hypothèque (Mashkon (משכון)) grevant le bien.

Vient enfin le rapatriement. Les banques israéliennes appliquent des procédures de conformité rigoureuses : elles exigeront l’origine des fonds, les certificats fiscaux et souvent une attestation de conformité fiscale. Côté français, la vente doit être déclarée conformément à la convention fiscale franco-israélienne, qui attribue en principe l’imposition des plus-values immobilières à l’État de situation de l’immeuble, tout en organisant l’élimination de la double imposition. La coordination entre les deux déclarations doit être pensée en amont.

Conclusion – Pourquoi se faire accompagner par un avocat en droit immobilier israélien et international ?

Vendre depuis la France, c’est faire dialoguer deux systèmes juridiques et fiscaux, deux administrations et deux banques. Une procuration mal rédigée retarde la signature ; une déclaration hors délai génère des pénalités ; l’absence de certificat de dispense immobilise une part substantielle du prix.

L’avocat sécurise l’ensemble de la chaîne : rédaction de la procuration, calcul et négociation de l’assiette de la plus-value, demande de dispense de retenue à la source, obtention des certificats municipaux, enregistrement au Tabu et articulation avec vos obligations déclaratives françaises.


Abitbol & Associés

C’est dans cette optique que le Cabinet ABITBOL & ASSOCIES, grâce à son expertise en droit immobilier israélien et international, accompagne ses clients à chaque étape de la vente de leur bien depuis l’étranger. Nos avocats veillent à ce que vos intérêts soient protégés et à ce que chaque démarche se déroule en toute sécurité.

Abitbol & Associés - Avocats & Notaires

13 Av Hubert Germain – Paris 16ᵉ
Tel: + 33 (0)1 78 90 03 73
Fax: + 33 (0)1 77 74 63 99

13 rue Shimon ben Shetah, 9414713, Jérusalem
Tel: + 972 (0)2 595 63 45
Fax: + 972 (0)2 591 63 26

contact@abitbol-associes.com

Contactez-nous

Pour toute question relative à votre situation personnelle, merci de nous laisser un message :

    Votre nom (obligatoire)

    Votre email (obligatoire)

    Votre numéro de téléphone (obligatoire)

    Sujet

    Votre message