
Vous vendez votre appartement en Israël, la transaction est signée, et la mairie vous réclame soudain plusieurs centaines de milliers de shekels. Ce n’est pas une erreur : c’est le Heitel Hashbaha, la taxe d’amélioration, l’un des postes les plus mal anticipés d’une vente immobilière en Israël. En 2026, avec la multiplication des plans d’urbanisme approuvés, elle concerne de plus en plus de propriétaires francophones.
I. De quoi s’agit-il exactement ?
Le Heitel Hashbaha (היטל השבחה) est une taxe perçue par la commission locale d’urbanisme (Vaada Mekomit (ועדה מקומית)), et non par l’administration fiscale nationale. Elle frappe l’enrichissement du propriétaire lorsqu’une décision d’urbanisme — nouveau plan, dérogation, changement d’affectation — augmente la valeur de son bien.
Deux caractéristiques la rendent redoutable :
- Son taux : 50 % de la plus-value d’urbanisme générée par la décision. Pas 50 % du prix du bien, mais la moitié de l’enrichissement constaté.
- Elle est due même si vous n’avez rien construit. Il suffit que des droits à bâtir supplémentaires aient été créés sur votre parcelle.
Attention à ne pas la confondre avec le Mas Shevah (מס שבח) (taxe sur la plus-value, 25 % du gain réel, versée à l’État). Les deux peuvent se cumuler sur une même vente.
II. Quand devient-elle exigible ?
Le fait générateur, c’est l’approbation du plan. Mais le paiement, lui, est différé jusqu’à la « réalisation des droits » (Mimoush Zchuyot (מימוש זכויות)), c’est-à-dire :
- la vente du bien ;
- l’obtention d’un permis de construire (Heter Bniya (היתר בנייה)) ;
- l’utilisation effective des nouveaux droits à bâtir.
C’est pourquoi le vendeur est le débiteur naturel de la taxe. Concrètement, le Tabu (טאבו) n’enregistrera pas le transfert de propriété sans le certificat de la mairie (Ishur Iriya (אישור עירייה)), lequel n’est délivré qu’après règlement.
III. Pourquoi le sujet devient central en 2026
Plusieurs évolutions convergent :
- l’accélération des projets de renouveau urbain (Hitchadshut Ironit (התחדשות עירונית)) et des plans TAMA 38 / Pinouy-Binouy (פינוי בינוי) ;
- les grands plans liés aux infrastructures, notamment autour des futures stations du métro de Tel-Aviv, qui densifient massivement des quartiers résidentiels entiers ;
- les révisions des méthodes d’évaluation foncière par certaines municipalités.
Résultat : des propriétaires qui n’ont jamais rien demandé se retrouvent assis sur des droits à bâtir dont ils devront partager la valeur avec la commune le jour où ils vendront.
IV. Les exonérations : ce que la loi prévoit
La Troisième Annexe de la loi sur l’aménagement et la construction (התוספת השלישית לחוק התכנון והבנייה) organise plusieurs cas de dispense. Les plus utiles pour un particulier :
- L’article 19(c)(1) : exonération pour la construction ou l’agrandissement d’un logement destiné à l’habitation du titulaire des droits ou d’un proche, dans la limite de 140 m² (une remise pouvant, sous conditions, être intégrée à cette surface). Au-delà, la taxe n’est due qu’au prorata de l’excédent.
- Les projets de renouveau urbain bénéficient de régimes d’exonération spécifiques, variables selon le montage.
- L’article 19(a) permet à la commission locale d’accorder une dispense en considération de la situation financière difficile du propriétaire.
Ces exonérations ne sont jamais automatiques : elles supposent une demande motivée et documentée.
V. Contester l’évaluation : un levier réel
L’avis de taxation repose sur une expertise commandée par la mairie. Le propriétaire n’est pas tenu de l’accepter. Il dispose de deux voies principales :
- saisir un expert-arbitre indépendant (Shamai Machria (שמאי מכריע)) désigné par l’autorité compétente ;
- former un recours devant la commission d’appel (Vaadat Erour (ועדת ערר)).
Les écarts constatés entre l’évaluation municipale et l’évaluation contradictoire sont fréquemment significatifs. Les délais de recours étant courts, la réaction doit être immédiate.
Conclusion – Pourquoi se faire accompagner par un avocat en fiscalité immobilière israélienne ?
Le Heitel Hashbaha est une taxe technique, à la frontière du droit de l’urbanisme et de la fiscalité. Elle se prépare bien avant la signature : en identifiant les plans applicables à la parcelle, en chiffrant l’exposition réelle, en vérifiant les exonérations mobilisables et en répartissant clairement la charge entre vendeur et acquéreur dans le contrat.
Découvrir cette taxe après la signature, c’est se priver de tout levier de négociation — et parfois voir la vente bloquée faute de certificat municipal.

C’est dans cette optique que le Cabinet ABITBOL & ASSOCIES, grâce à son expertise en droit immobilier israélien et international, accompagne ses clients à chaque étape de leur projet de vente, de l’analyse des droits à bâtir jusqu’à la contestation de l’évaluation municipale. Nos avocats veillent à ce que vos intérêts soient protégés et à ce que chaque démarche se déroule en toute sécurité.

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