Quand la justice française échoue à reconnaître l’antisémitisme : L’analyse du Dr. Debborah Abitbol sur I24News
Le Cabinet Abitbol & Associés à l’initiative d’un projet de loi très important pour la protection des victimes d’antisémitisme dans le monde
Invitée sur le plateau d’I24News, le Dr. Debborah Abitbol, associée du Cabinet Abitbol & Associés, est revenue sur une décision judiciaire qui a profondément choqué la communauté : la relaxe d’une nourrice accusée d’avoir empoisonné une famille juive traditionaliste, sans que le caractère antisémite des faits ne soit retenu par le tribunal correctionnel.
Une décision sidérante malgré un faisceau d’indices concordants
L’affaire présentait pourtant tous les éléments constitutifs d’un acte antisémite aggravé. Le juge d’instruction avait lui-même relevé un « antisémitisme latent » dans son ordonnance. Après avoir initialement écarté cette qualification, le parquet s’était finalement rallié à cette analyse, reconnaissant l’existence d’indices sérieux.
Les faits sont édifiants : la nourrice, qui s’était insérée dans l’intimité de cette famille traditionaliste, avait eu accès aux objets de culte et aux pratiques religieuses du foyer. Elle avait ensuite introduit des substances toxiques dans le vin et le jus de raisin – gestes qui ne peuvent être dissociés de leur dimension symbolique dans le judaïsme.
Comme l’a souligné Maître Gozlan, avocat de la famille, cette affaire rappelle tragiquement celle de Sarah Halimi, où l’assassin avait également pénétré dans un foyer juif et aperçu des objets de culte avant de commettre l’irréparable.
Les enfants de la famille, entendus lors de l’instruction, ont témoigné des questions insistantes de la nourrice sur leur judaïsme. Son activité sur les réseaux sociaux révélait par ailleurs une hostilité marquée envers les Juifs. Malgré cela, et malgré ses propres aveux – qualifiés par son avocate de « phrase malheureuse » – le tribunal n’a pas retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme.
La nourrice avait notamment déclaré regretter d’avoir travaillé pour une famille juive et évoqué « l’argent et le pouvoir » de ses employeurs. Maître Solange Marle, son avocate, s’est dite « satisfaite » de la relaxe concernant la qualification d’antisémitisme.
Un déni de justice dans un contexte de recrudescence des actes antisémites
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Le 19 septembre 2025, le Garde des Sceaux Gérald Darmanin a adressé une circulaire à tous les parquets de France exigeant une réponse « ferme et rapide » face à la multiplication exponentielle des actes antisémites, conformément à la loi de 2003 renforçant la lutte contre l’antisémitisme.
Le message envoyé par cette décision est clair : l’antisémitisme est banalisé. Les stéréotypes les plus grossiers – associant les Juifs à l’argent et au pouvoir – peuvent désormais être exprimés publiquement sans conséquence judiciaire. Cette affaire n’est malheureusement pas isolée : récemment, l’arbre planté en hommage à Ilan Halimi et vandalisé n’a pas non plus été qualifié d’acte antisémite par la justice.
Le Cabinet Abitbol & Associés : pionnier d’une justice réparatrice internationale
Face à ces dénis de justice répétés, le Cabinet Abitbol & Associés a pris une initiative sans précédent. En collaboration avec le Ministre de la Diaspora Amichai Chikli et le Ministère israélien de la Justice, le Cabinet travaille actuellement au dépôt d’un amendement visant à étendre l’application d’une loi pénale israélienne.
Cette loi, déjà en vigueur en Israël, établit un principe révolutionnaire : tout Juif victime d’une atteinte à sa personne, à son intégrité physique ou à ses biens en raison de son judaïsme, où qu’il se trouve dans le monde, peut saisir les tribunaux israéliens – et ce, qu’il possède ou non la nationalité israélienne.
Le projet porté par le Cabinet Abitbol vise à permettre le recours à cette justice réparatrice lorsqu’un déni de justice est constaté dans le pays où l’acte antisémite a été commis – notamment lorsque le caractère antisémite n’est pas reconnu par les tribunaux locaux.
Des défis juridiques importants subsistent : la question de l’absence d’extradition des nationaux français, les conflits potentiels de souveraineté judiciaire, l’absence de défaut criminel. Mais le Cabinet poursuit ce combat avec détermination, conscient de l’enjeu historique : offrir une protection judiciaire effective aux victimes d’antisémitisme partout dans le monde.
Une mobilisation nécessaire contre la banalisation de la haine
« C’est la porte ouverte à un antisémitisme décomplexé », a conclu le Dr. Debborah Abitbol lors de son intervention. « Quand la justice refuse de nommer l’antisémitisme, elle nourrit la haine et permet que les discours les plus dangereux se propagent librement. »

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